Présentée un temps comme une solide solution de mobilité décarbonée, la voiture à hydrogène n’a plus de vent en poupe. Sur la totalité de l’année 2024, les voitures fonctionnant à l’H2 ont connu un recul de 21,6% dans le monde, avec seulement 12.866 unités écoulées, selon le cabinet sud-coréen SNE Research. Défenseur depuis la première heure de la voiture à hydrogène, Toyota, est particulièrement touché avec un recul de 55,8%. Mais cela ne décourage malgré tout pas le constructeur qui prévoit une succession à sa Mirai. Idem pour Hyundai qui vient de présenter une nouvelle Nexo tandis que Honda convertit toujours son CR-V à la pile à combustible.
Mais qu’est-ce qui coince avec l’hydrogène ? C’est tout simple : sa production. En effet, produire de l’hydrogène coûte très cher et est très énergivore. Pour que l’hydrogène puisse être un vecteur énergétique intéressant pour l’avenir (totalement décarboné), il est essentiel qu’il soit produit à partir d’énergies renouvelables. C’est l’hydrogène dit « vert ». Or aujourd’hui, la plus grande partie de l’hydrogène est produite à partir de produits pétroliers (appelés hydrogènes noir, gris, bleu) ou de nucléaire (rose), des procédés émetteurs en carbone et qui réduisent de ce fait l’intérêt de rouler à l’hydrogène. On considère par exemple que pour l’hydrogène gris, un seul kilo de H2 fabriqué émet dix kilos de CO2. L’équation est donc bancale...
A l’état naturel
Jusqu’ici, on a toujours dit que l’hydrogène n’existait pas à l’état naturel. Et c’est ce qui explique qu’il faille le produire, essentiellement avec des processus d’électrolyse. Sauf que ce paramètre est en train de... changer ! En fait, l’hydrogène à l’état naturel, dit aussi « géologique » ou « natif » existe bel et bien. C’est ce qu’on appelle l’hydrogène blanc. Celui-ci est connu des scientifiques depuis les années 1970 qui ont pu trouver ça et là au fond des océans ou dans la croûte continentale. Cet hydrogène semble principalement issu de la réaction de l'eau sur des roches riches en fer ou très radioactives, ce qui provoque l'oxydation du fer et l'émission d'hydrogène gazeux.
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Or, aujourd’hui, la présence de cet hydrogène blanc aiguise de plus en plus les intérêts. Il faut dire que les techniques d’exploitation ne sont pas encore bien développées, mais partout dans le monde des projets de forage exploratoire ont démarré : en Australie, aux Etats-Unis ainsi qu’en France où un gisement a potentiellement été identifié dans les Pyrénées-Atlantiques. Et pas que. La région des Landes est aussi concernée. La Belgique est, elle, moins concernée.
New online! Natural hydrogen resource accumulation in the continental crust https://t.co/hkDzCivKDc pic.twitter.com/FAqrE6RCF2
— Nature Reviews Earth & Environment 🌈 (@NatRevEarthEnv) May 13, 2025
170.000 ans d’énergie ?
Il y a quelques jours, des géologues français ont annoncé avoir découvert un gisement de 46 millions de tonnes d’hydrogène naturel alors que le monde entier a consommé 90 millions de tonnes d’hydrogène en 2022. Et comme les découvertes de gisements se multiplient...
De ce fait, des chercheurs des universités d'Oxford et de Durham (Royaume-Uni), mais aussi de Toronto (Canada) ont dressé un inventaire des conditions favorables à la formation d’hydrogène blanc et une carte des territoires où ces gisements sont les plus susceptibles d’être découverts. Selon leurs conclusions, la terre pourrait renfermer de telles ressources en hydrogène blanc que les besoins énergétiques pourraient être couverts pendant... 170.000 ans !
Quel avenir ?
Ces très récentes évolutions jettent un nouveau regard sur l’hydrogène et sa potentielle exploitation pour l’industrie et les transports dont l’aéronautique et, bien évidemment, l’automobile. Dresser une carte des gisements pourrait constituer un pas de géant dans l’histoire de l’énergie.
Cela dit, la quête de l’hydrogène blanc ne sera pas aisée. Car il va falloir développer des techniques d’extraction qui prendront du temps. Et nécessiteront des stratégiques bien différentes de celles utilisées pour les forages pétroliers. En effet, la carte qui indique les gisements potentiels ne garantit en rien de tomber sur une bulle d’hydrogène. Car certaines d’entre elles peuvent être vides en raison de microbes friands d’H2. Ceci signifie qu’il faudra donc se montrer prudent et éviter ces zones vides qui pourraient être à l’origine d’autres ennuis, on s’en doute.
La voiture à hydrogène relancée ?
On l’aura compris : la voiture alimentée par hydrogène blanc n’est pas pour demain. Cela dit, on suppose que ces annonces de la potentielle disponibilité d’un hydrogène naturel un peu partout sur le globe pousseront les industriels à continuer à s’intéresser et à développer la voiture à pile à combustible. Toyota et Hyundai en premier lieu probablement, même si on sait qu’en coulisses un sérieux concurrent reste actuellement très silencieux, mais pas du tout inactif : la Chine.
Espérons aussi que la perspective de réserves colossales ne freine pas les constructeurs de continuer à travailler sur le rendement des piles à combustible qui, jusqu’ici, atteint péniblement 40% (contre plus de 90% à un moteur électrique). Ce n’est pas parce que les réserves semblent inépuisables qu’il faudrait gaspiller comme on l’a fait avec le pétrole.
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